Une piste un peu mise en forme

Voici brut de brut la copie d’un message envoyé ce soir sur une liste de travail à propos de la structuration. C’est à considérer comme un brouillon un peu élaboré quand même, histoire de lancer le débat autrement qu’en lançant des concepts en l’air. Parce qu’on n’a pas trop de temps pour conclure cette phase, le 18 septembre il sera trop tard.
J’appelle notre organisation le Machin dans la suite.

Le Machin serait un parti politique dont les adhérentes et adhérents sont réunis en entités régionales fédérées nationalement. Je pense qu’il faut également considérer le niveau départemental, quoi qu’on pense des départements, et que c’est à l’intérieur des départements qu’il faudra laisser une large initiative aux comités locaux. Un cadre statutaire assez strict s’appliquerait aux entités régionales et aux sous-entités départementales.
Une charte des valeurs fondamentales de l’écologie ferait office de préambule à nos règles communes.

La direction nationale serait élue directement par les adhérents selon une procédure à deux tours encourageant la recherche de convergences.
Un « parlement » serait désigné pour partie par des votes dans les différentes régions, sans faire référence de manière obligatoire à des textes d’orientation nationale, et pour partie par des personnes désignées nationalement sur la base des textes nationaux.
Je propose que soit étudiée la possibilité que la direction nationale soit composée de personnes occupant les postes régaliens (grand mamamouchi, trésorier, organisation,…) désignées par les militants sur la motion majoritaire au second tour, et que les personnes coordonnant les thématiques le soient par le parlement un peu après, ce qui est un mode de désignation favorisant la prise en compte des compétence sur les sujets. Il y aurait un lien officiel entre les délégués thématiques et les commissions du Parlement qui seraient limitées à quelques grands thèmes avec des sous-commissions.
Je ne fais pas un dogme du fait que la direction nationale soit un exécutif disjoint du Parlement. Je pense que mérite d’être creusé le fait que la direction nationale soit une sorte de bureau permanent du Parlement qui fonctionnerait avec un mode de prise de décision favorisant les recherches de convergences (majorité qualifiée, vote préférentiel, obligation de réunir des concertations…). Il en serait de même dans les régions.

Ce Machin comprendrait une catégorie de personnes dont le lien avec lui sera différent de l’adhésion proprement dite. L’acte d’appartenance pourrait être symbolisé par la simple approbation de la charte des valeurs fondamentales, et par une cotisation légère qui en fait alimenterait un fond mutualisé de formation des militants. Cette somme serait exclusivement fléchée pour des actions de formation et le budget du parti serait statutairement engagé à abonder d’autant ce fond de formation. L’idée étant d’affirmer que la formation du réseau de nos soutiens n’est pas la cinquième roue du carrosse mais une priorité.
Ces personnes que j’ai envie d’appeler des Coopérateurs bénéficieraient d’une organisation d’animation qui leur serait propre et qui serait financée par le parti comme une dépense obligatoire. Un système de désignation d’observateurs (qui pourrait se faire par tirage au sort parmi des volontaires) leur permettrait d’assister aux différentes instances locales et nationales, sans droit de vote, mais avec un droit de parole et surtout un devoir de retour vers les autres membres du réseau. Il est capital de laisser de l’initiative aux coopérateurs, sinon ça ne sert à rien.

L’idée est de trouver l’équilibre entre le souhait qu’il n’y ait pas d’organisation juridique autonome rassemblant les coopérateurs, mais que ceux-ci soient tout de même assurés d’une certaine autonomie d’administration. Il est important aussi que les coopérateurs ne soient pas dissociés de la structure parti sans pour autant participer à ses décisions. Bref, il faut assurer la continuité du lien tout en garantissant une certaine indépendance. Dans mon esprit, l’acceptation de la charte des valeurs fondamentales suffit, il ne serait pas demandé de ne pas être membre d’une autre formation politique.

Les coopérateurs participeraient tant qu’ils ne souhaitent aux actions militantes, aux commissions (y compris nationales) et à l’élaboration des programmes qui au final devraient aussi être approuvés par le parti. Ils seraient associés au choix des candidats en faisant des recommandations sur l’intégration perpétuelle de nouvelles personnes. Pour l’élection présidentielle, ils participeraient aux votes.
Le délégué national à l’animation des coopérateurs serait le seul membre de la direction nationale a être désigné par les coopérateurs et par les adhérents (par un vote préférentiel à un tour).

Plutôt que de se le jouer méthode Coué en niant la réalité structurelle des sensibilités et en se reposant sur le consensus, le mode de désignation aux candidatures externes sera tel qu’il ne sera pas fait référence à un vote interne antérieur pour désigner des candidats, mais qu’un vote ad hoc sera fait à chaque fois parmi les militants.

Pour les scrutins cantonaux (ou de délégués territoriaux s’ils existent), il sera demandé de statuer sur des scénarios à l’échelle du département ou de la région. Ces scénarios seront élaborés par une commission désignée lors d’un scrutin préalable (et postérieur à l’appel à candidatures et à l’audition des ces dernières) fondé sur la présentation d’un scénario « idéal ». Les convergences des scénarios seront recherchées et les différentes alternatives proposées aux militants en un vote préférentiel.

Pour des scrutins de listes, les adhérents seront appelés à voter sur des listes de candidats qu’ils pourront aussi ordonner. C’est un scrutin proportionnel et préférentiel à la fois. Ensuite c’est la règle d’Hondt qui permettra de réaliser l’agrégation du vote.

Pour les élections législatives, c’est le Parlement qui aura en charge la désignation des candidats. Sa commission électorale disposera comme éléments d’appréciation des scénarios départementaux établis selon une procédure identique à la procédure des cantonales (mais sans le vote final des adhérents du département sur les scénarios proposés).

Une sorte de conseil des sages, nommés pour une longue durée par les différentes instances, disposerait d’un droit d’expression dans ces dernières.

Le Parlement du Machin pourrait décider d’entretenir des relations privilégiées avec d’autres organisations politiques associatives ou syndicales et leur proposant de créer et de rejoindre une sorte de comité permanent de la transformation écologique qui rassemblerait des représentants de ces différentes organisations. Ce comité permanent de liaison permettrait la recherche de convergences stratégique et d’action avec des forces qui bien que conservant leur indépendance, souhaiteraient entretenir une relation permanente privilégiée.

Evidemment, ce ne sont ici que des grandes lignes à préciser, mais je pense qu’il y a assez d’éléments pour que chacun puisse identifier si c’est une voie dans laquelle il se retrouve ou s’il souhaite travailler à une proposition très différente comme c’est parfaitement possible et légitime. Une fois débattu et précisé ce qui doit l’être (mettons vers le 20 juin), l’organisation pourrait être codifiée. Reste que la charte des valeurs fondamentales, ainsi par exemple que les règles de cumuls et d’incompatibilité sont des sujets autonomes qui nécessitent eux aussi un travail spécifique.

L’autre sujet majeur est la procédure de validation.

Il est acquis qu’il faut un double accord, celui des Verts et celui de l’ensemble des adhérents au processus. Je souhaite que ce double accord soit obtenu de manière simultanée et en minimisant autant que faire se peut la tenue de grandes messes séparées. Je souhaite aussi que le 14 novembre au soir, on ait totalement bouclé l’affaire et que nous passions à autre chose sur laquelle nous sommes bien plus attendus : la contribution décisive des écologistes à ce que soit menée à partir de 2012 des politiques de rupture réellement écologiques.

Le préconise qu’il soit décidé les 18-19-20 septembre la tenue de réunions régionales mi octobre et le lancement d’un double référendum à la même date. Ces réunions permettraient de désigner des délégués pour les Assises et de débattre/présenter la (ou les) formes d’organisation proposées par les référendums. Au lendemain de ces réunions régionales, le matériel du référendum serait disponible. Les adhérents des Verts auraient à se prononcer sur leur accord pour adopter comme règle (incluant le nom) l’organisation proposée (66% de oui sont requis). Les participants au processus seraient consultés pour leur demander si l’organisation proposée correspond à leur souhait (50% de oui requis). Le résultat du double référendum serait annoncé en ouverture des Assises qui auraient ainsi l’allure d’un congrès fondateur (qu’il ne serait pas véritablement juridiquement, mais on est bien ici dans le symbole, et dans les faits ce sera bien une constituante d’une nouvelle organisation).

Normalement ce serait calculé pour que ça double-passe :-)   et si ça ne passe pas Europe Ecologie serait dissout et chacun fera ce qu’il veut.
Les Assises pourraient alors tranquillement travailler sur le fond et débattre/adopter/amender le projet, ce sur quoi nous sommes attendus.

Ensuite, il y aurait un délai d’un ou deux mois pour formaliser les adhésions à la structure et choisir le rôle (coopérateur, adhérent) qu’on souhaite y prendre.

Je préconise que la première direction nationale, incluant le Parlement, soit désignée de manière dérogatoire (dispositions particulières spécifiques votées de manière indissociable dans le référendum) et que le premier vrai congrès national de l’organisation se tienne en septembre 2012. Se lancer dans un vote de motions début 2011 alors que tout le monde sera en marche pour le projet de 2012 serait grotesque. Des personnes nouvelles rejoindraient les actuels membres de la direction des Verts pou former la nouvelle direction et les fonctions seraient réattribuées.
Le premier Parlement serait composé des membres du CNIR des Verts ainsi que d’un certain nombre d’autres membres (60 ? 80 ? 100 ?) qui pourraient être désignés dans les différentes régions en janvier, par les membres nouveaux de l’organisation qui formeraient pour cet unique scrutin un corps électoral spécifique. Au cours de cette même journée de rassemblements régionaux, les directions régionales pourraient être élues sur la base des nouvelles dispositions et avec un corps électoral unique.

Je voulais faire plus court et finalement je vous ai assommé de tout un pensum (c’est long Le Mans-Lyon même en TGV !), veuillez m’en excuser. Mais vous l’avez compris, et ceux qui me connaissent ne seront pas surpris, je milite pour que le travail s’enracine dans le pratique, le réel, qu’il Sorte des abstractions et se fixe comme objectif de pouvoir proposer une organisation dont l’objectif n’est pas de demeurer 100 ans et d’être parfaite mais de répondre aux enjeux jusqu’après l’élection législative de 2012. Et aussi, qu’on ne réinvente pas l’eau tiède et qu’on capitalise sur ce qui marche, tout en n’ignorant pas ce qui déconne. Et après nous verrons bien. Parce que ce débat déprimant sur la structuration saoule tout le monde et que l’absence de propositions concrètes est déprimante.

Donc proposons des solutions élaborées de manière ouverte, présentons les à Nantes, faisons la conférence de consensus dans la foulée, et ensuite votons pour que ce consensus soit appliqué.

Epicétout.

Une première série de questions à se poser

Je me dis que si on se posait ces questions là (et d’autres qui vont venir) on aurait une bonne base pour y voir plus clair.

  1. Avons-nous vraiment envie d’un mouvement unique (qui n’exclu évidement pas des possibilités et organes de prise en compte de la zone grise du dehors-dedans) ? Il faut qu’on le sache tout de suite car on n’a que 4 mois pour le dessiner. Si la réponse est non et puisqu’il n’est pas vraiment assumable d’annoncer la rupture, nous irions vers une sorte de conseil fédéral permanent. Il faut alors bien évaluer les réalités de fonctionnement d’un parti politique (désignations, décision, financement…) dans ce cadre. Mais mieux vaut commencer par être clair sur nos envies, sans chercher à coller à tout prix à ce que nous pensions il y a deux mois.

  2. Etant entendu qu’il est nécessaire que les Verts se prononcent en leur sein sur le scénario choisi par les Assises, il est essentiel de placer cette réalité dans le déroulement du processus dès maintenant. Comment donc le faire, de manière précise, et quand, avant, pendant, après ?

  3. Comment vont participer les adhérents au processus aux Assises ? Est-ce qu’il y aura une première phase régionale, si oui pour décider de certaines choses (comme un tronc commun) ou pour désigner des délégués, ou les deux ? Est-ce qu’il y aura un référendum préalable ou conjoint ?

  4. Est-ce que la première direction sera élue conformément aux statuts lors d’une Ag qui suivrait les Assises (quand ?)ou est-ce que l’on fait une désignation provisoire fondatrice et la première vraie Ag en septembre 2012 ou à un autre moment ?

  5. Est-ce que la structuration du mouvement intégrera les départements ou non ?

  6. Est-ce que le mouvement sera fédéral (des régions, des départements) ou national avec des antennes départementales et régionales ?

  7. Comment sera désigné la direction nationale, par les militants ou pas un autre degré, ou par choix d’une première série de personnes élues, sur des listes, par des collèges… ?

  8. Qui peut être membre de la direction nationale ?

  9. Pour combien de temps est-elle élue ?

  10. Quelles sont les noms des différentes fonctions, des différents cercles éventuels et les modes de désignation différenciés ? Porte-parole, shadow cabinet ? Désignés comment ?

  11. Qui peut révoquer des dirigeants et comment ?

  12. Comment procéder à une désignation de dirigeant en cours de mandat (révocation, démission, décès…) ?

  13. Est-ce que les membres de la direction nationale sont aussi membres du parlement du mouvement ?

  14. Comment est désigné le parlement du mouvement ? national, régional, avec des collèges, en quelle proportion… ? Une seule chambre ou plusieurs ? Lesquelles, avec quelles prérogatives ?

  15. Quelle organisation, quel statut et quelles prérogatives pour ceux qui ne voudraient pas être membres à part entière du mouvent politique ? Quelle présence dans les instances, lesquelles, avec quel pouvoir de décision et d’expression ? Y a t’il un budget spécifique ?

  16. Existe t’il une sorte de conseil des sages ? Comment serait-il désigné, à quoi servirait il ? Quelle serait sa présence dans les instances, avec quelle possibilité ?

  17. Existe t’il une instance ou un panel de militants de base tirés au sort parmi une liste de volontaires pour aider à réagir ? Quelle présence dans les instances, lesquelles, avec quel pouvoir de décision et d’expression ?

  18. Qui désigne les candidats aux élections et comment selon le niveau de l’élection ? Est-ce que pour les municipales on différencie en fonction de la taille des communes ? Est-ce qu’il existe une procédure spéciale pour assurer la parité des têtes de listes ?

  19. La procédure locale est-elle la même partout, si oui laquelle, ou est-ce que chacun s’organise comme il veut ?

  20. Quelle composition et quel pouvoir a la commission électorale si elle existe ?

  21. Qui peut, et selon quels critères et pour quelles élections, « imposer » des redressements de décisions ?

  22. Quelle est la grille de cumul si on en a une plus contraignante que la loi ? Existe t’il une commission d’arbitrage en cas de demande de dépassement, quel mode de régulation de sortie d’un cumul ?

  23. Est-ce que le montant de l’adhésion est le même partout, quelle part de l’adhésion reste locale et revient au national ?

  24. Comment sont calculés les reversements d’élus ? Est-ce partout pareil ? Qui procède au recouvrement ? A qui est destiné l’argent ? Est-ce que les départements, régions s’organisent comme ils veulent pour la répartition ou est-ce qu’il y a un cadre national ?

  25. Quelle grille de sanctions et quelles instances pour l’appliquer ? Avec procédure de « référé » ou pas ?

  26. Quels liens avec des organisations écologistes tierces mais proches ? Quelle place dans les instances, lesquelles, pour faire quoi ?

Le tour du sujet en 75 jours

Relevons, dans le désordre, quelques constatations ou axiomes pour mieux les oublier ensuite, ou plus exactement en tenir compte sans se bloquer dessus pour en faire l’exégèse, s’en servir de fondations plus que de talisman ou de gri-gri repoussoir à vampires. « On ne va pas construire une organisation politique à côté des Verts » « Personne ne demande à ce que les Verts soient dissous » « En fait ils réinventent les Verts » « Qu’est-ce qui les empêche d’adhérer aux Verts ? » « Jamais je n’adhèrerai aux Verts ou à un parti politique » « Notre force c’est d’être un réseau » « On ne va pas passer une année là-dessus car pendant ce temps on ne parle pas de notre utopie réaliste » « Ca commence à saouler tout le monde nos histoires de structuration » « Plus on attend de ne rien décider plus c’est le bazar partout » « C’est quand qu’on va où ? » « Quoi qu’on pense de sa rationalité, il y a une attente forte de faire quelque chose » etc. etc.

Alors à défaut de savoir exactement quoi puisque nous sommes sensés y travailler, on peut déjà dessiner une idée précise du quand, et le comment suivra naturellement dès que le quoi fera consensus. Avec un cadre, on sera plus fort car on saura où on en est, sans cadre on sera placé au pied du mur aux Assises, alors on sait qu’on n’en fera rien. Or personne n’a les moyens de décevoir qui que ce soit, d’autant que nos histoires vont finir par lasser les plus motivés, on les comprend un peu. Par chance, qu’on soutienne la volonté de faire quelque chose par réalisme, cynisme ou réelle envie, tout le monde a intérêt à ce qu’on conclue l’affaire en 2010.
Convenons donc que fin 2010 il faut avoir stabilisé l’organisation, de manière à tenir les promesses faites, répondre à l’essentiel des attentes, et enfin passer à autre chose. On ne construit pas l’Orga phare des 50 prochaines années mais le Machin qui assurera que la préparation de 2012 se fera de manière en même temps démocratique, efficace et gagnante. Après les législatives il sera temps de passer à une nouvelle phase éventuelle, ce sera une autre vie.

Quelle que soit la forme que ce Machin prendra, que nous constituions une fédération, une confédération, un consortium d’organisations en négociations privilégiées, une organisation unique mais polymorphe, ou que sais-je encore, cela nécessitera de manière obligatoire une décision des Verts, selon leurs propres règles. C’est o-bli-gé. On le sait, donc tenons-en compte. Et comme cela nécessitera un peu de solennité, que ce soit pour faire genre ou parce que le sujet l’exige, ce sera soit une AG soit un référendum. Et une telle chose ne peut être lancée que par un CNIR. Et puisqu’on veut boucler aux Assises et qu’elles ne soient pas juste un moment qui tend à dire « cette fois on y va attendez on va vous confirmer ça dès qu’on peut », cela veut dire qu’il faut que la chose strictement verte sera soit en même temps que les Assises, soit juste avant, soit avant mais avec un résultat annoncé en même temps. Bref, cela veut dire que c’est le CNIR de septembre qui devrait lancer le processus. C’est calendaire, c’est comme ça, qu’on le souhaite ou non.

Lors donc, si on veut lancer un truc en septembre qui soit un tant soit peu démocratiquement élaboré, cela veut dire que la touche finale sera mise après examen aux journées d’étés (Nantes, du 19 au 21 août), mais que le gros du travail aura été fait avant.

Nous y voilà : la fenêtre de travail c’est 6 juin-19 août. Si le boulot n’est pas fait là dedans, soit il ne sera jamais fait, soit il le sera en tordant la démocratie et la participation. Et là il ne nous faut pas « juste » un travail prospectif et préparatoire tel que l’ont utilement menés les quelques membres du « groupe 4 ». C’est le dessin précis et codifié de ce que pourrait être notre rassemblement idéal dont nous avons besoin.

Il nous faut donc sortir du 5 juin avec une large commission, en même temps structurée et représentative côté vert (genre le groupe de suivi du rassemblement), diversifiée côté autre (genre chacun des chargés du suivi de la construction des régions), animée par des personnes mandatées pour cela par le BE. Mission : explorer de manière systématique et en entrant dans le dur de la description des rouages chacune des trois possibilités de structuration que sont la holding (une structure chapeau de différents groupes), la joint venture (des organisations parallèles qui conviennent de s’associer pour différents aspects à déterminer), la fusion (une organisation unique mais qui peut avoir des appendices pour faire formellement vivre ce qu’elle accepte comme part d’informelle, et qui prévoit la manière de travailler avec des tiers identifiés comme étant plus proches que les autres). Dessiner le parti idéal sans préjuger de la manière technique d’y arriver (c’est un problème assez secondaire finalement une fois qu’on a identifié la manière de faire, elle existe et c’est l’essentiel), comme si nous avions vraiment à créer quelque chose, mais en tenant compte quand même des contraintes du possible en matière de validation militante ensuite.
Point d’étape mi juillet pour voir ce qui bloque ou converge, pour éventuellement fusionner des choses, présentation des travaux aux journées d’été, nouvelles possibilités d’ajustements et de fusion début septembre, gel des hypothèses soumises à l’appréciation des militants mi septembre, vote en octobre/novembre, assises en novembre.

En fait, je ne vois pas vraiment d’autre calendrier réaliste. Mais je suis prêt à en discuter… vite ! Parce que le pire serait de ne rien décider du tout, et de le regretter après. Dès lors qu’on serait d’accord sur le timing de la décision (ou non décision d’ailleurs) nous pourrions commencer à envisager l’avenir réel avec ses contraintes, ses questions à résoudre, ses problèmes imaginaires ou pas, insurmontables ou pas, artificiels ou pas. Mais ce qui est probable c’est que ne rien décider là maintenant sur la manière, c’est sortir de la possibilité du cadre de la discussion ouverte, de la décision partagée et donc du succès.
C’est à ce moment là qu’on est content de se souvenir qu’il n’y a que de bonnes raisons de vouloir que cela aboutisse.

Une petite FAQ personnelle relative à l’adhésion à Europe Ecologie

(Et en préparation, une FAQ pour expliquer les Verts à tout le monde)

Après le CNIR des 27 et 28 mars, après les petites tensions internes à Europe Ecologie dont la presse s’est faite l’écho, et la réunion « de crise » du vendredi 16 avril au cours de laquelle il a été réaffirmé que personne ne demandait la dissolution des Verts ni n’avait le projet de constituer une force politique concurrente, et juste avant le lancement du processus d’adhésion à Europe Ecologie, il m’a semblé utile de permettre à tous les militants de disposer d’une mise à niveau d’information.

Peut-on adhérer à Europe Ecologie ?
Depuis jeudi 29 mars, tous ceux qui se reconnaitront dans les valeurs de l’écologie politique et qui souhaitent participer au processus des Assises de l’écologie sont invités à rejoindre formellement le rassemblement des écologistes en adhérant à Europe Ecologie. Cela s’effectuera depuis le site http://europe-ecologie.fr.
Notons que depuis le lancement d’Europe Ecologie pour les européennes, la possibilité d’adhérer existe. La nouveauté c’est que cette adhésion aura désormais un contenu : la possibilité concrète de participer aux débats et aux initiatives relatifs à « la suite du rassemblement ». Attention, même les personnes déjà signataires doivent manifester activement leur choix d’adhérer au processus, ce n’est pas automatique.
Adhérer à Europe Ecologie, pour quoi faire ?
L’adhésion à Europe Ecologie permettra de délimiter les participants aux Assises de l’écologie (appelées de leurs vœux par les Verts à l’unanimité dans la motion du CNIR de mars 2010) relative à la poursuite du rassemblement des écologistes, et par le CAP national.
Est-ce que les Verts peuvent aussi adhérer à Europe Ecologie ?
Bien entendu, les adhérents des Verts ont aussi toutes les raisons de s’intéresser à la futur organisation de l’écologie politique. Les adhérents des Verts n’auront pas à payer d’adhésion à Europe Ecologie car ils paient déjà une cotisation, et les Verts contribueront financièrement à l’organisation des Assises comme ils ont contribué jusqu’ici à la construction d’Europe Ecologie. Pour bénéficier de cette gratuité, un code individuel est donné à chaque adhérent des Verts.


Quelle sont les ressources financières d’Europe Ecologie et à quoi sert cet argent ?

Tous les élus européens reversent une part de leur indemnité d’élus à l’association de financement des Verts et une partie de ces reversements est ensuite donnée à Europe Ecologie (environ 10 000 euros par mois pour l’ensemble des eurodéputés). Il en va de même de l’ensemble des nouveaux élus régionaux qui reverseront aux associations de financement régionales des Verts, elles-mêmes redonnant un tiers de ces sommes à Europe Ecologie. Enfin, Europe Ecologie perçoit des dons directs, et maintenant il y aura le montant des adhésions (2à euros, 10 euros pour les étudiants et précaires, plus pour ceux qui veulent) perçues qui servira à l’organisation des Assises. Au total, le budget d’Europe Ecologie permettra à la structure de fonctionner avec 2 ou trois animateurs permanents.
Quelle autorité auront ces Assises de l’écologie vis à vis des Verts ?
Rien de ce qui sera décidé par les participants aux Assises ne sera opposable formellement au parti Vert. Si le parti devait connaître des évolutions dans son fonctionnement, ce seront les adhérents des Verts qui en décideront en suivant les procédures statutaires classiques. Evidemment, les Assises ne peuvent « décider » de dissoudre les Verts, ou de modifier tel ou tel point de leur fonctionnement.
Mais cela ne veut surtout pas dire que les Assises ne concernent pas les Verts ! Au contraire, puisque l’objectif est de donner une forme durable démocratique et unifiée au rassemblement des écologistes, il n’est pas souhaitable que des décisions contradictoires soient prises. Le meilleur moyen est donc que chacun participe pleinement aux débats des Assises, ainsi, de manière naturelle, ce qui sera décidé/souhaité dans leur cadre sera accompagné par des décisions parallèles ou complémentaires des Verts. Ce processus des Assises se conclura à l’automne mais il commence dès maintenant. Dans le cadre des réunions locales qui se déroulent en ce moment, dans celui des rencontres régionales du 8 mai, ou celle nationale du 5 juin. C’est donc dès maintenant que chacun doit s’interroger sur ce qu’ils souhaite. La synthèse des débats de mai dans les régions est donc très importante pour le contour qu’elle donnera.
Les Verts souhaitent que les Assises aboutissent à une structuration issue d’un diagnostic partagé et que cette structuration soit opérationnelle rapidement pour pouvoir se consacrer dès janvier 2011 aux prochaines échéances, nous devons concilier démocratie et anticipation.
Quel est le pouvoir des ces adhérents à Europe Ecologie ?
Les statuts de l’association Europe Ecologie ne prévoient pas que ses « adhérents » participent à l’assemblée générale ou désignent quelque direction que ce soit, Il s’agit d’adhérer pour participer aux Assises de l’écologie politique. Mais ce qui nous importe ici c’est la représentation symbolique des écologistes qui réfléchissent ensemble à leur avenir commun au sein d’une même structure. C’est une occasion à ne pas rater pour relancer la dynamique du rassemblement et entamer la séquence cantonales-sénatoriales-présidentielle-législatives en n’étant plus contraint par les débats sur les réelles carences démocratiques que nous avons connues durant les derniers mois, faute d’avoir pu organiser le mouvement à ce moment là.
Et après les Assises ?
Personne n’a la réponse, car tout dépend ce qui est décidé et comment cela s’articulera avec ce que décideront les Verts (avant, pendant, juste après ?). Idéalement, après les assises, les militants de l’écologie politique devraient avoir le choix de s’engager sous différentes formes, c’est très important, dans un mouvement unifié dont nul ne peut indiquer aujourd’hui s’il sera fédéral, confédéral ou plus classique.
L’association Europe Ecologie ne devait elle pas être dissoute après les élections européennes ?

En effet, les statuts de l’association prévoyaient une dissolution fin 2009. Compte tenu de la poursuite de la dynamique à l’occasion des élections régionales, il a été décidé de la prolonger d’une année. Europe Ecologie est la structure qui porte le processus des assises et existera donc jusqu’à leur issue. Ensuite, ce sont les Assises qui décideront quelle structure fait quoi. Les statuts de l’association Europe Ecologie (en fait, Association pour le rassemblement d’une Europe Ecologiste) ne peuvent être modifiés (nécessaire pour une prolongation) sans l’accord unanime des trois membres de son bureau (nommés dans les statuts) que sont Jean-Pierre Ra.(président) Agnès Si. (secrétaire) et Suzanne Au. (trésorière).


Europe Ecologie est-il un parti politique ?

Oui. C’est un parti politique reconnu comme tel par la commission des comptes de campagne, qui est adossé à une association de financement dont les statuts prévoient eux aussi une dissolution au 31 décembre 2010 et ne peuvent être modifiés qu’avec l’accord unanime de ses deux uniques membres (David Be., président et Alexis Br., trésorier). Ce statut de parti politique permet une déduction fiscale sur les dons reçus. L’objet des statuts d’Europe Ecologie prévoit explicitement qu’aucune participation à une élection ne peut être faite sans l’accord des Verts. Europe Ecologie est en quelque sorte un parti politique technique (il n’a pas véritablement d’instances ni de membres ni de règles de fonctionnement interne et a une durée d’existence limitée statutairement), c’est un statut qui était nécessaire pour les campagnes, mais maintenant, nous allons réfléchir ensemble à l’articulation idéale et globale de l’écologie politique, et comment rendre un parti politique (indispensable qu’il y en ait un quelque part dans l’organisation) davantage en mesure de répondre aux attentes de citoyens.
Comment va se dérouler la réflexion sur le projet ?
Parallèlement au travail sur l’organisation, la réflexion est engagée sur le projet que portera la future organisation, pour 2012 comme plus globalement. Chacun des rendez-vous programmé (mai, juin, journée d’Eté, Assises) sera aussi l’occasion de mener ce débat. La façon dont sera élaboré ce projet cherchera aussi à maintenir la philosophie co-élaborative du rassemblement : chacun des acteurs des Verts (notamment les commissions) et d’EE doit y trouver sa place, mais aussi nos partenaires au sein des associations, des forces sociales, des intellectuels, etc. afin que ce projet soit non seulement porteur des aspirations de notre famille politique, mais plus globalement de l’arc des acteurs qui s’inscrivent dans cet espace politique.

D’autres questions ? Des commentaires ? A vous !

L’appel à l’arrêt du n’importe quoi

Les autres ont raison, les écologistes sont formidables. Après une (historique) double victoire électorale suivie d’un travail programmatique de qualité avec la gauche dans l’essentiel des régions françaises, voilà qu’en 48h on voit réapparaître des titres sur la confusion au sein des écologistes. Chapeau bas les amis.

En vrai ce n’est pas bien grave, on peut se permettre une petit revival 90′s d’une semaine. Et puis c’est plutôt réjouissant de voir que nos quinquas-sexa traditionnels de l’écologie n’ont pas tant changés que ça, et qu’à la première occasion ils se remettent à confondre les moulinets dans la presse et le travail de construction réel. Depuis quelques années on avait oublié ce que c’était, c’est un coup de frais ce qui arrive depuis hier. Mais il ne faudrait tout de même pas que ça dure le trop plein d’appel, de contre appel, d’appel qui soutient l’appel, etc. L’appel des micros c’est humain, mais l’appel au vrai travail c’est quand même pas mal aussi. Et plutôt que de lancer des idées en l’air, tracer des pistes opérationnelles ça rendrait service.

Et puis il pourrait aussi y avoir un appel au respect des structures qui existent, parce qu’hurler au déficit de structuration, en dehors de toute structure collective,  3 jours avant un CAP national et 4 avant un CNIR, c’est croquignolet.

Un appel au calme aussi, parce qu’au final tout le monde est d’accord à 95%.

Et à la fin de la récré on fait l’appel pour voir ceux qui bossent vraiment et ceux qui continuent l’école buissonnière.